Vous voulez savoir comment s’achève l’âge des hommes ? C’est par ici !

« Uglies » nous raconte comment se terminera notre ère à nous, les humains - les Rouillés, dans le vocabulaire du livre - et ce qu’il y aura après : un monde bourré de technologie (ponts magnétiques qui signalent le passage d’ennemis, bracelets anti-accidents de voiture, etc.)

L'héroïne, c'est Tally, bientôt 16 ans. Comme tous les ados de moins de 16 ans dans l’univers de ce roman, elle est laide (« ugly », en anglais).

Mais à partir de cet âge, toute personne qui le souhaite (c’est-à-dire tout le monde !) « bénéficie » d’une opération pour devenir Pretty, c'est-à-dire parfait physiquement mais aussi mentalement (plus de jalousies, plus d’ongles rongés, de disputes et donc plus de guerre !).

Les Pretties habitent tous dans la même ville et sont séparés des Uglies. Ils font sans arrêt la fête et sont complètement libres. Le rêve de chaque Ugly est de devenir Pretty.

Mais certains ne croient pas à ce paradis promis par les autorités. Ces personnes sont des Rebels et fuient les villes pour retrouver une vie proche des celle des Rouillés. Ils acceptent de rester « moches » pour conserver leur personnalité.

Tally méprise les Rebels, son plus grand souhait étant de devenir Pretty. En attendant le jour J, elle se trouve une nouvelle amie… qui choisit les Rebels…

Quel camp Tally va-t-elle choisir ?

« Uglies » est un roman captivant. Tout en nous emportant dans cet univers très spécial, l’auteur en profite pour nous faire réfléchir sur la nature des hommes, et leurs excès. L’auteur conte aussi avec réalisme comment notre monde pourrait finir. J’aime aussi l’évolution du récit. Dans la première partie, les Uglies nous sont présentés comme des êtres sales, laids, presque répugnants comparés aux (trop) brillants Pretties. Puis, au fil du récit, le lecteur apprend à connaître de plus près ces Uglies et ces Rebels et à comprendre que les plus heureux ne sont pas toujours ceux qu’on croit…

Et puis ce livre est plein d’humour, comme on le voit dans le petit extrait que je vous livre pour achever de vous allécher !

(Tally se trouve dans une très vieille bibliothèque contenant des documents concernant les Rouillés)

« Shay (…) se tourna vers une étagère et en sortit une poignée d’ouvrages sous emballage plastifié qu’elle déploya devant Tally
- Des livres sur papier ? Et alors ?
- Pas des livres, on appelle ça des « magazines », expliqua Shay
Elle en ouvrit un et pointa le doigt. Les pages étrangement brillantes étaient couvertes de photos. De gens. Moches.
Tally écarquilla les yeux (…). Elle n’avait jamais vu autant de visages si différents. Des bouches, des yeux, des nez de toutes les formes possibles, et sur des gens de tous ages. Et les corps ! Certains ridiculement gras, d’autres horriblement musclés, ou bien d’une maigreur troublante ; presque tous présentaient d’importants défauts de proportion. Mais au lieu d’avoir honte de leurs difformités, ces gens riaient, s’embrassaient, prenaient la pose, comme si toutes ces photos avaient été prises lors d’une gigantesque réception.
-Qui sont ces monstres ?
-Ce ne sont pas des monstres, répondit Shay. Le plus dingue, c’est que ce sont des gens célèbres.
-Célèbres pour quoi ? Pour leur laideur ?
-Non. Ce sont des sportifs, des acteurs, des artistes. Les hommes aux cheveux filandreux sont des musiciens, je crois. Les plus moches sont des hommes politiques, et quelqu’un m’a dit que les gras-doubles sont principalement des comiques.
-Alors, c’est à ça que ressemblaient les gens avant le premier Pretty ? Comment arrivaient-ils à se regarder les uns les autres ? »

Uglies



Uglies, Scott Westerfield, traduit de l'anglais (Australie) par Marie-France Girod, Pocket Jeunesse, 432 pages, 12,83 euros. Vous pouvez le commander sur Amazon.




Nous avons également lu le Tome II, « Pretties ». Lisez notre critique.