Mais oui, « Les piliers de la terre », la saga que Ken Follett a écrite en 1989.

Dix-neuf ans plus tard, il remet le couvert. Il nous mène dans le même univers, deux siècles plus tard, au XIVème siècle.

Il ne s’agit plus ici de la construction de ladite cathédrale, mais de sa rénovation et de travaux d’architecture dans une ville dépérissante, et qui, sous l’influence de ses protagonistes, retrouvera son plein essor.

La recette est connue, les ingrédients sont les mêmes. Nos sens ne sont plus émus par la magie de la nouveauté. L’immense plaisir cependant est toujours là : celui d’accompagner au fil des années des personnages terriblement attachants, au caractère bien trempé, aimés de tous et donc aussi du lecteur.

Ils se débattent dans un univers hostile, aux prises avec les manigances d’autres personnages amoraux et sans scrupules, qui pour obtenir le pouvoir, s’attachent à nous compliquer la vie pendant des dizaines d’années.

Nous ? Bien sûr car c’est là tout l’art de cet écrivain de nous emmener avec lui dans son monde médiéval, comme si c’était de notre vie qu’il s’agissait.

Roman captivant, plein de rebondissements, émaillé, comme dans le premier tome de notions d’architecture, mais aussi de médecine puisqu’il nous fait traverser cette période du Moyen Age ravagée par la peste noire.

Cet homme souffre d’une montée de sang et doit subir une saignée. Qu’on le nourrisse ensuite de pommes aigres et de tripes !"

Godwyn racontait des bêtises. Merthin s’abstint de tout commentaire. Il n’avait plus de doute sur la maladie de son ami. Ces plaques sur la peau, ces saignements, cette soif inextinguible, c’était bien les caractéristiques du mal qui avait emporté Sylvia et toute sa famille, le laissant lui-même en vie.

La peste était arrivée à Kingsbridge ! La grande moria. »

Tout au long de ces presque 1300 pages, nous allons suivre le destin de quatre enfants réunis par le hasard autour d’un secret qui peut faire vaciller la couronne du royaume d’Angleterre.

Leur cadre de vie : Le prieuré de Kingsbridge dirigé par des moines ambitieux, le riche couvent voisin mené par des sœurs aux idées progressistes pour l’époque, la ville et sa guilde des marchands, et la vie des campagnes alentour. Les liens d’amour et de haine, de pouvoir et d’amitié se noueront et se dénoueront au fil des années autour de la cathédrale intemporelle…

Et quand j’ai refermé la livre sur la dernière page, après des dizaines d’heures de lectures, j’ai ressenti un vide : je m’étais habituée à côtoyer ces compagnons médiévaux et ils vont me manquer. Vivement la prochaine rénovation !

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Un monde sans fin, Ken Follett, Robert Laffont, 1.296 pages, 24,5 euros. Vous pouvez le commander sur Amazon.