Parce qu’un Amélie Nohomb comme celui-là, c’est comme une bonne série américaine. Cela ne dure pas longtemps, on peine à la raconter aux copains parce que l’on ne sait plus trop de quoi ça parlait. Mais on sait juste qu’on a passé une bonne soirée de lecture (quand ce n’est pas une heure). Rien que pour cela, j’ai aimé.

Attention, le « pitch », comme on dit dans les séries télé, n’est pas abject. C’est l’histoire d’... Et puis laissons le lui dire, c’est plus simple.

Tout a débuté il y a huit mois. Je venais de vivre un chagrin d’amour si bête qu’il vaut mieux ne pas en parler. A ma souffrance s’ajoutait la honte de ma souffrance. Pour m’interdire une telle douleur, je m’arrachai le cœur. (…) Dès lors, je n’eus plus mal. La chape de plomb qui bloquait ma respiration disparut. Le reste aussi. J’habitais une sorte de néant. »

Notre homme, car c’en est un, devient donc très logiquement un tueur à gages. L’un des meilleurs de sa génération. Le récit de ses crimes est savoureux comme ce film avec Pierre Richard, où le héros bouclé dézinguait le tout venant avec un révolver à silencieux émettant une détonation aiguë du plus grand effet comique.

Evidemment, le destin de notre héros basculera, lorsqu’il éliminera quelqu’un de plus dur que lui, mais doté de vrais sentiments.

« On m’avait pourtant averti : moins on en sait sur ses victimes, mieux on se porte. ».

Je n’en dis pas plus, car le livre est court et j’en ai déjà trop dit.

Je voulais quand même vous confier une impression, et je serais heureux de savoir si vous la partagez : en lisant ce livre, j’ai eu l’impression que le héros était une femme, alors qu’il n’en est rien. Est-ce la renommée de l’auteur, qui ne parvient pas à s’effacer derrière son héros, ou est-ce une écriture plus féminine ?

Journal d'Hirondelle




Journal d'Hirondelle, Amélie Nothomb, Albin Michel, 137 pages, 14,5 euros.