Son fils ne l’a pas connu. Lorsqu’il avait cinq ans, sa mère à reçu cet étrange message :

Madam,

Jé un triste maleur à vous anoncer. Notre bien aimé capitaine Dragon nous a quitté pour toujour. Il a rejoint au ciel le vol des oiseaux et la course des nuages. Les larmes coulent sur tous les visages et notre chagrin est sans fin. Nous prion pour vous et pour lui car nous savon que nous nous retrouveron un jour, ici ou là-bas. »

Laurent Maréchaux le sait, lui, si le Dragon est encore de ce monde ou non. Car il nous raconte l’épopée de ce capitaine hors du commun, qui a connu de cuisants échecs avant de pouvoir réaliser son rêve : passer sa vie en mer, sur l’Argentine et d’autres gréements, et vivre de temps en temps à terre, avec une intensité redoublée.

Allez, on embarque.

Gagné par l’ambiance délétère, l’équipage accumulait les maladresses et fautes de barre. Un coup de vent capricieux malmena le gréement, le mât de misaine se plia, un ridoir céda un des haubans tribord lâcha, fouettant l’air. N’écoutant que son audace, le grand Jacques fut le premier dans la mâture. Mal lui en prit. Au lieu de se concentrer sur sa route, le timonier suivait ses tentatives pour capeler le filin d’acier autour du mât. La tête en l’air, l’homme de barre n’anticipa pas une déferlante qui – surgie par le travers déstabilisa l’Argentine. Sous la violence du choc, le Grand Jacques lâcha prise, retombant inerte sur le pont, toujours en vie mais les cervicales brisées. »

On s’y croirait, par vrai ? Le fils du Dragon est un surprenant petit livre d’aventure. Une belle intrigue, où l’on croise des marins français, et hollandais, où l’on côtoie Rimbaud en personne, aussi. Où l’on vogue, de la rade de Brest à celle de Semarang, en Indonésie. Et où il est question d’une furieuse envie d’un fils de dénouer les énigmes héritées de son père.

Mais alors, il est toujours en vie ou pas ce dragon ?

Vous voulez le savoir ? Lisez.

Le fils du dragon




Le fils du dragon, de Laurent Maréchaux, La Dilettante, 213 pages, 16 euros.