Et parmi eux, il y a Dave. Après quelques années de vie de couple chaotique, il se retrouve tout seul dans son appartement, avec pour seul héritage un affreux bâtard.

Même avec la meilleure volonté du monde, on ne pourrait pas classer Doggo dans la catégorie des élégants chiens de race efflanqués. C'est un petit roquet costaud, un corniaud des familles, un bâtard pur jus. »

Doggo

Clara, sa bien-aimée, si l’on ose écrire, s’en est allée sans laisser d’adresse, ni à lui ni à personne d’ailleurs.

Je te quitte, on n'est plus ensemble au moins pour l'instant, ce qui veut sans doute dire pour toujours, mais qui sait ? J'ai besoin de m'ouvrir à d'autres possibilités (bon d'accord, j'ai besoin de m'ouvrir à d'autres hommes). »

Alors Dave poursuit son existence dans le monde de la pub. Il parvient à se faire embaucher dans une petite agence, où il commence à trouver ses marques, à inventer un slogan... pour un bain de bouche.

Swosh, nuit gravement au célibat. »

Il parvient même à imposer au bureau son seul compagnon de vie, Doggo.

L’homme et son meilleur ami finissent par trouver leurs marques dans ce petit monde, à déjouer des coups tordus au boulot, à se poser des questions existentielles et à ruminer sa solitude affective. Solitude ? Oui mais… Car Dave en pince pour la joyeuse Edie, avec qui il fait équipe au boulot.

Mais comme je le disais, la vie de trentenaire n’est pas de tout repos, et c’est le moment où l’existence de Dave semble prendre forme que Clara choisit pour tenter un retour triomphant dans sa vie.

Une histoire banale, allez-vous me dire. Assurément, mais c’est un peu l’atout de ce livre. On se laisse glisser doucement, sans attente, il est vrai, comme Dave, jusqu’à un dénouement pas trop surprenant.

Le livre a sa faiblesse : certains gags sont un peu gros, d’autres un peu trop travaillés pour s’assurer de la réussite de l’effet comique.

Mais on garde le sourire du début à la fin, pourvu qu’on n’attende pas du Shakespeare, mais juste une histoire montée sur des dialogues, façon série britannique. L’auteur se permet quand même quelques vérités bien assénées…

Mon point de vue, c'est que les grandes religions ne peuvent pas toutes avoir raison, et étant donné qu'elles se trompent manifestement sur nos origines, m'est avis qu'on ne devrait pas prendre au sérieux leurs hypothèses sur notre destination future. »

Ou encore...

La vérité, c'est que je n'ai jamais vraiment bien intégré pourquoi il fallait à tout prix s'aimer soi-même. Les gens que je respecte le plus ont, au contraire, un sain dégoût d'eux-mêmes, une conscience aiguë de leurs failles et de leurs paradoxes. »

Un bon moment !

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En attendant Doggo, Mark Mills, littérature anglaise, Belfond, 272 pages. Notre note : 3/5.