Son tendre compagnon est un inconditionnel de Tucker Crowe, un chanteur rock à qui l'on doit un seul et unique album, passé quasiment inaperçu, dans les années 80. Annie tente de s'accommoder de l'addiction de Duncan. Pas facile...

Depuis presque 15 ans qu'elle était avec Duncan, Tucker Crowe avait toujours fait partie du lot, comme une infirmité. Au début, le handicap n'avait pas empêché Duncan de mener une vie normale. Et puis internet est arrivé. »

Duncan passe ses journées sur les forums. Tente de savoir où vit Tucker Crowe et ce qu'il est devenu.

Annie, elle, rêve d'avoir des enfants.

Annie pouvait s'imaginer mère, mais Duncan n'était en rien l'idée qu'on se faisait d'un père. »

Puis un jour, Tucker Crowe sort un nouvel album, Juliet Naked. Annie l'écoute, et se pique d'en dire tout le mal qu'elle en pense sur le forum de Duncan. Elle reçoit une réponse... de Tucker Crowe lui-même, avec qui elle entretient désormais une relation épistolaire, à l'insu de Duncan.

Puis tout s'emballe. A la surprise générale, Duncan, qui n'est pas à proprement parler un Don Juan, trompe Annie.

Elle n'en fait pas une maladie, loin de là.

Je dois te prévenir, Duncan : je ne vais pas me battre pour toi. Ton seul intérêt, c'est de n'être pas le genre de mec pour lequel on se bat. »

De son côté, Annie poursuit sa relation avec Tucker Crowe. Va-t-elle le rencontrer ? Duncan sera-t-il un jour informé que l'homme qu'il rêve de voir en chair et en os depuis trois décennies est le nouveau compagon de sa femme ? Je vous le laisse découvrir.

Si vous aimez les romans aussi grinçants qu'un riff de guitare dans un festival rock amateur, vous allez rire de bon cœur dans le dernier roman de Nick Hornby. L'auteur est d'une cruauté sans borne avec ses personnages : ils sont veules, inaptes à l'amour et sans la moindre empathie.

Il porte un regard au moins aussi rock'n roll sur d'autres choses de la vie, comme par exemple les riches...

Les gens riches portent des montres à la con et sentent bon. Nous, on n'a pas de montres et on sent mauvais. »

sur les moeurs sexuelles des rockers...

Dans ce créneau professionnel, tant que vous ne balanciez pas une fille par la fenêtre quand vous en aviez fini avec elle, on vous prenait pour Gandhi. »

ou sur les femmes.

Tucker adhérait totalement à l'idée que les femmes étaient le sexe le mieux doté du sens de l'équité et le plus sage, mais elles étaient aussi irrémédiablement perfides quand l'occasion l'exigeait. »

Hormis quelques petites faiblesses de traduction, ce roman est drôle, bien orchestré et les personnages, cohérents, sont taillés dans le rock ! Amateurs de chanteurs de charme et de mélodies sirupeuses, fuyez !

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Juliet, Naked, Nick Hornby, traduit de l'anglais par Christine Barbaste, 10/18, 313 pages, 19 euros. Vous pouvez le commander sur Amazon.