Autant en emporte le vent

Après les sites internet officiels, voici les « suites officielles ». Contre la volonté de Margaret Mitchell, qui n’avait jamais voulu donner une suite à son chef d’œuvre, « Autant en emporte le vent », ses ayant droits ont craqué : ils lui ont donné une suite. Où l’on trouve la réponse à cette question qui empêche tout le monde de dormir depuis 70 ans : Scarlett O’Hara va-t-elle reconquérir le cœur de Rhett Buttler ? L’auteur est Donald McCaig, un éleveur de moutons et spécialiste de la guerre de sécession. Choisi pour ses beaux yeux ? Voyons : il a été recruté par un agent littéraire armé d’un cahier des charges à faire frémir un cabinet d’avocats. Au fait, il est bon ce roman ? Pas mal, dit Le Monde des livres : « C’est un livre consistant, bien construit et bien écrit, en dépit de sa couverture légèrement racoleuse. » Les éditions Oh ! qui publient le roman en France ont déboursé la coquette somme de 200.000 dollars pour acquérir les droits. C’est romantique.

Le retour d’Anna Gavalda

Anna GavaldaAnna Gavalda nous mijote un roman tout neuf. Il devrait sortir en mars prochain, annonce Livres Hebdo. « Ce roman s’annonce plus sombre que le précédent », dit l’hebdomadaire. C’est l’histoire de Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris. Il apprend incidemment la mort d’une femme qu’il a connue quand il était enfant et adolescent. Il perd l’appétit, le sommeil, abandonne plans et projets et va essayer de comprendre pourquoi tout se fissure en lui. Commence alors un long travail de deuil au bout duquel il est obligé de se rendre à l’évidence : l’échelle de cette vie-ci est illisible et il faut tout rebâtir.

Les leçons de Gustave Flaubert

Gustave FlaubertDans les critiques publiées ici, je vous laisse parfois sentir mon irritation devant les romans qui sonnent faux. Je me suis trouvé un allié de taille : Gustave Flaubert. Le tome V de ses correspondances vient de sortir chez Gallimard, annonce Libé Livres. En 1876, il plaidait pour le roman vrai. « Quant à laisser voir mon opinion personnelle sur les gens que je mets en scène, non, non ! Mille fois non ! Je ne m’en reconnais pas le droit. Si le lecteur ne tire pas d’un livre la moralité qui doit s’y trouver, c’est que le lecteur est un imbécile, ou que le livre est faux du point de vue de l’exactitude. Car du moment qu’une chose est Vraie, elle est bonne. Les livres obscènes ne sont immoraux que lorsqu’ils manquent de vérité. » Et si ce n’était pas seulement vrai pour les livres ?

En voiture, Simone !

Simone VeilSimone Veil, célèbre pour avoir été à l’origine de la loi dépénalisant l’avortement en France, vient de sortir ses mémoires (chez Stock). L’ouvrage était très attendu, mais déçoit Libé. « Comment l’autobiographie d’une femme qui a eu un destin aussi exceptionnel peut-elle être aussi décevante ?, se demande le supplément littéraire du quotidien. Au fil des pages, on a l’impression de ne quasiment rien apprendre. Quand, pour voir, on lit les interviews qu’elle a données à l’occasion de la sortie de ce livre, et qu’on y trouve, en quelques pages, plus de vérité, d’enthousiasme, de colère, parfois même d’humour, que dans tout le livre, on se dit "quelle occasion manquée" ».

Amélie Nothomb tous les jours au bistrot

Verre de rougeAmélie Nothomb n’aura décidément jamais bonne presse. Cette semaine, c’est l’Obs, qui dit des méchancetés de son dernier roman. « "Ni d’Eve ni d’Adam" est un remake de Duras en fade comédie sentimentale. Un très bon Nothomb ? Sur une échelle de Nothomb peut-être. » Amélie s’en fout, elle a le prix de Flore. Elle a d’ailleurs promis d’aller boire un verre de vin tous les jours pendant un an en cet estaminet, pour fêter ça, dit le Figaro Littéraire.

Ne buvez pas trop de vins hors de prix et à la semaine prochaine pour une nouvelle revue de presse littéraire !