Prix littéraires

Mais d’abord, une question taraude la presse : les prix littéraires font-ils vendre ? Réponse : oh que oui ! « Dans le réseau Virgin, le roman de Gilles Leroy, lauréat du Goncourt, est passé en une semaine de la 465ème à la 4ème place », écrit le Figaro littéraire. La société spécialisée GfK confirme : « Après son couronnement, ce titre se place au 2ème rang de notre palmarès, avec plus de 15.000 exemplaires vendus du 5 ou 11 novembre, alors que, auparavant, les ventes moyennes se situaient à 900 exemplaires par semaine. » De son côté, Livres Hebdo s’est amusé à recenser les meilleurs ventes de Goncourt depuis 2000. Et le gagnant est ? « Rouge Brésil », de Jean-Christophe Rufin, couronné en 2001. Il fait mieux que « Les bienveillantes », le Goncourt de l’an dernier et beaucoup mieux que la lanterne rouge, « Les ombres errantes », de Pascal Quignard (2002).

Guillaume Musso, c’est du cinéma

Guillaume MussoQuand Libé s’intéresse à Guillaume Musso, l’autre machine à best-sellers (avec Marc Levy), on peut craindre le pire. Et bien non, le quotidien trouve quelques qualités à « Parce que je t’aime ». A condition de comprendre qu’il s’agit en fait… de cinéma. « "Parce que je t’aime" est un livre écrit pour ceux qui vont au cinéma : du montage et des images avant tout. Ecrire ici, c’est imposer la lumière : l’exclusivité du récit et le nettoyage de tout ce qui pourrait permettre au lecteur de perdre son temps dans des phrases où il ne se passe rien. Détendu, rassuré, le consommateur peut tourner les pages. Les points d’exclamation, les retours à la ligne, l’usage des capitales ou des italiques sont les équivalents des zooms, des ralentis, des violons. »

Tokio Hotel, stars du rock'n book

Tokio HotelVous avez peut-être entendu parler de la déferlante musicale allemande nommée Tokio Hotel, un groupe qui fait fureur auprès des ados (pas tous, je précise). Le phénomène est tel que les ventes de livres s’en ressentent. Livres Hebdo a ainsi vu surgir d’un coup dans ses meilleures ventes trois livres consacrés au groupe, qui s’installent à la 12ème, la 44ème et la 50ème place du classement. Le mieux vendu s’appelle « Tokio Hotel, le Tsunami ». Commentaire de Livres Hebdo : « Les trois livres apportent la matière indispensable au groupie de base, qui veut tout savoir de ses idoles tout en rêvant sur les photos de ce drôle de groupe. » Autre effet secondaire : les ventes de méthodes d'apprentissage de l’allemand s’envolent aussi. Ce n’est manifestement pas pour lire Goethe dans le texte…

« On peut être barbu et rasoir »

Alain Robbe-GrilletIl y a peu, je vous parlais de la décision de Fayard de vendre le dernier roman d’Alain Robbe-Grillet, le pape du nouveau roman, sous enveloppe plastifiée, avec des pages à déchirer au coupe-papier, soi-disant pour que les jeunes mains ne le feuillettent pas, vu le sujet (le sado-masochisme). Tout cela valait-il une telle mise en scène ? Non. En tout cas, le Figaro littéraire a détesté : « On peut être barbu et rasoir », titre le supplément, qui constate que le roman s’attaque aux derniers tabous sexuels de notre société. « Autant d’ingrédients grâce auxquels Robbe-Grillet espère produire quelque tapage, ou, mieux, une interdiction. Mais cet ouvrage qui n’est qu’un bric-à-brac barbant pour barbons libidineux. »

Le lapin qui lit

LapinIl s’appelle Nabaztag. Ce fieffé lapinot, produit par une société de l’internet française, peut se connecter au web, parler 16 langues, en comprendre 6 et lire les e-mail à haute voix. Mais désormais, il pourra lire les livres pour enfants, annonce Le monde des livres. Gallimard jeunesse a en effet décidé de vendre certains de ses titres pour enfants avec une puce électronique. Il suffit d’approcher du livre le lapin connecté à internet, et l’animal raconte l’histoire. Les éditeurs font coup double : internet n’affecte pas la vente du livre, et en plus ils vendent des lapins…

Mangez des carottes et à la semaine prochaine pour une nouvelle revue de presse littéraire !