Norman MailerD’abord, les Etats-Unis. Pas un journal qui ne parle du nouveau roman de Norman Mailer, illustre écrivain américain qui, à 84 ans, se pique de romancer l’enfance d’Hitler. « "Un château en Forêt" est un livre hallucinant, écrit Libé. Près de 500 pages de faits, de conjectures, de psychanalyse d’Adolf de zéro à 17 ans. » Un récit que Mailer fait sortir de la bouche du diable qui, assure Mailer, habite Hitler. Dans le roman, Mailer écrit qu’Hitler a gazé une ruche et que cela lui a donné des idées. Mailer n’est pas fou, il le jure : « Oui, des tas de gens me disent que j’ai perdu la tête… mais loin de là ! » Le Nouvel Obs sort l’artillerie de guerre pour critiquer le roman, sous le titre : « Mailer, gross malheur ! » L’Obs parle d’ « incontinence littéraire ». Et assène ceci : « Comment peut-on lire pareille ânerie, sous la plume d’un écrivain qui a tenu en haleine toute l’intelligentsia du monde entier. »

Philippe Claudel : « Je ne suis pas un écrivain »

Philippe ClaudelDans le quotidien belge Le Soir, Philippe Claudel (Le rapport de Brodeck) annonce qu’il « n’est pas un écrivain ». Il s’en explique. « Je ne suis qu'un lecteur. J'écris comme un lecteur. Donc j'écris un livre mot à mot, ligne à ligne, page après page. Je le découvre en l'écrivant. » L’auteur donne aussi une très belle définition du roman : « Choquer, à mon avis, cela ne sert à rien. Je pense qu'il vaut mieux attraper avec des mots, des phrases, des intrigues, qui avancent l'air de rien. Tous les romans devraient proposer quelque chose qui nous tient et en même temps qu'on est tenu par ça, se dépose en nous plein de dynamites qui vont exploser pendant, après. L'écrivain vous propose de changer d'habitudes, c'est un grand malin, qui dit : "Tiens, je vais te raconter une histoire" et sous ce prétexte, il met plein de choses : des questions, des questions, des questions. »

Un roman entre deux caries

Alaa El AswaniA présent, direction Le Caire, chez Alaa El Aswani. C’est l’auteur de l’Immeuble Yacoubian, gros succès de la rentrée précédente. Il revient avec « Chicago », où il raconte la vie d’étudiants et chercheurs égyptiens, nouveaux venus ou naturalisés Américains. Il se livre dans le Figaro littéraire, où l’on apprend qu’il est toujours dentiste. « Si j’abandonnais mon métier, je crois que je perdrais le contact avec les gens, et ce ne serait pas du tout bon pour mes livres », dit-il. Dans Libé, il dévoile son processus de création. « Quand je commence un roman, je ne sais pas où vont mes personnages. Je les pousse, et arrive le moment le plus important, quand je n’ai plus de contrôle sur eux. Je deviens le conteur d’une histoire que je vois sur l’écran de mon imagination, c’est un plaisir indescriptible. Dessiner un visage avec des mots, c’est magnifique. »

Une valise littéraire pour les Chiliens sans le sou

ChiliInitiative originale, au Chili, rapportée par Pierre Assouline sur son blog. Dès 2008, le gouvernement chilien va offrir à 530.000 familles déshéritées une mallette contenant 49 livres. On y trouve « Cent ans de solitude » de Garcia Marquez, « La Maison des esprits » d’Isabel Allende, « Le Petit prince » de Saint-Exupéry, « La Métamorphose de Kafka », « Robinson Crusoë » et… Tintin et Astérix.

Karl Lagerfeld est très fâché (et très vieux)

Karel LagerfeldQuelques mots sur la colère de Karl Lagerfeld, pour terminer, évoquée dans Le Monde 2. Un livre, « The beautiful fall » vient de sortir, qui dévoile son âge. Karl est tellement furieux qu’il a tenté de faire interdire le livre en France. Raté. Je ne vais pas vous révéler son âge, j’ai trop peur que mon blog soit interdit. Retenons simplement que Karl a le même âge que Norman Mailer (lire ci-dessus) et que si l'on additionne les deux chifres de son âge, ça fait 12.

Restez jeunes, bonne semaine et à dimanche prochain pour une nouvelle revue de presse littéraire !