RentréeLorsque les orteils s’éloigneront de la lisière des flots, une averse de 727 romans va s’abattre. L’an dernier, il n’y en avait « que » 683. « Le restaurant affichait déjà complet, et voilà que nous devons rajouter 50 couverts d’un coup », commente un libraire dans Livres Hebdo. Que les écrivains en herbe se rassurent : il y aura cette année 102 premiers romans, contre 96 l’an dernier. Si vous vous trouvez trop jeune, pas de panique : le cadet, Boris Bergmann (« Viens que je te tue ma belle »), a 15 ans. Et le doyen, Lomami Tchibamba (« Ah ! Mbamgo ») est né en 1914…

Qui sera le maillot jaune ?

Une question domine sur les transats littéraires : qui sera le maillot jaune de cette rentrée ? De grands noms figurent sur la ligne de départ : Philippe Claudel, Olivier Adam, Pierre Assouline, Patrick Modiano, Daniel Pennac, Patrick Besson, Michel del Castillo, Jean-Philippe Blondel, Yasmina Reza ou Jean-Pierre Gattégno. Mais voici trois des favoris, avant les étapes de montagne…

Patrick Poivre D'ArvorOlivier et Patrick Poivre d’Arvor. Dans leur roman, « J’ai tant rêvé de toi », à paraître chez Albin Michel les deux auteurs rendent hommage à Robert Desnos, disparu dans le camp de Terezin en 1945. On y suit une jeune femme, Youki, en quête de ses origines. Les deux auteurs abordent aussi le problème de l’anorexie, qui a emporté la fille de Patrick en 1995.

Amélie NothombAmélie Nothomb. Elle est un peu ce que Lance Armstrong fut au tour de France. Présente à chaque départ et favorite. Dans son nouveau roman, « Ni d’Eve, ni d’Adam », à paraître chez Albin Michel, elle revient sur l’époque où elle vivait Tokyo. Elle raconte l’histoire d’Amélie, prof de Français à Tokyo et de son élève sous-doué.

Marie DarrieussecqMarie Darrieussecq. L’auteur de « Truismes » revient avec un roman qui touche à l’innommable expérience de la perte d’un enfant. Dans « Tom est mort », la maman d’un petit garçon décédé à quatre ans et demi raconte l’histoire de l’enfant éphémère. Afin de ne jamais l’oublier.

Marcel Pagnol, ça le fait plus

La gloire de mon pèreCela fait longtemps qu’il n’a pas connu de rentrée littéraire et cela commence à se sentir… D’après Lire, Marcel Pagnol n’a plus la cote dans les collèges et lycées. « La langue est devenue difficile pour les collégiens », dit une enseignante. Pagnol n’est pas isolé dans ce dédain. Au même titre que « La gloire de mon père » et « Le château de ma mère », des livres comme « Tartarin de Tarascon » d’Alphonse Daudet, « Dialogues de bêtes », de Colette ou les « Contes du chat perché » de Marcel Aimé sont de moins en moins étudiés en sixième et en cinquième. En revanche, certains résistent encore et toujours : Les lettres de mon moulin (Daudet), Poil de Carottes (Renard) et le Cid (Corneille).

Y en a un peu plus, je vous le mets ?

La librairie ambulanteVous rêvez de devenir libraire mais n’en avez pas les moyens ? Faites comme Véronique Daniélou : devenez libraire sur les marchés. Avec sa Librairie ambulante, cette jeune femme, dont Lire tire un joli portrait, arpente depuis peu les marchés publics du Finistère, au volant de sa camionnette. « Quand je raconte un livre à quelqu’un, je raconte une histoire. Je touche des gens en utilisant des mots simples ». Et ça marche : « Après un hiver un peu éprouvant – son premier sur les routes – elle peut enfin s’accorder un salaire », écrit Lire. Auparavant, elle touchait le RMI et réinvestissait tous ses gains dans l’achat de livres ». Je vous ai trouvé son site.

Allo ? Mon livre ne fonctionne pas...

Une fois n’est pas coutume, je vous propose une petite vidéo pour terminer. Diffusée à la télé norvégienne, elle met en scène un « helpdesk » au moyen âge…

Je vous souhaite d’appliquer ce mode d’emploi le plus souvent possible, cet été. Bonne semaine, et à dimanche prochain pour une nouvelle revue de presse littéraire !