Son dernier livre, qui caracole en tête des classements, n’a pas que des amis. Et sûrement pas l’influent Jérôme Garcin. Dans Le nouvel obs, il décoche : « A l’exception de l’ "Alchimiste", cette daube molle doublée d’une imposture grotesque, je n’avais rien lu de Paulo Coehlo. J’ai décidé de lire "La sorcière de Portobello". Je pensais que ce serait mauvais. C’est pire. Ca commence par un mémorable "Le but de la lumière, c’est d’apporter davantage de clarté autour de nous.", et ça se termine par "L’amour est." ». Et le critique, passablement énervé conclut : « Que ce soit con, passe, mais que ça se vende... »
Weyergans : « La critique littéraire, ça met de l’ambiance »
La critique peu amène de Garcin semble conforter le propos de François Weyergans (Goncourt 2006 pour « Trois jours chez ma mère »). Dans Le monde des livres, il donne son avis sur la critique littéraire. Avec humour. « J’aurais voulu retrouver le passage de Proust où il dit que l’écrivain déçu de voir un critique dire du bien non seulement de lui mais de quelques uns de ses confrères qu’il méprise, ne doit pas en tenir compte car il a mieux à faire : écrire son prochain livre ». L’écrivain ajoute « Je lis les suppléments littéraires de journaux un peu pour le plaisir d’être informé et beaucoup pour cet autre grand plaisir, celui d’être agacé, parfois super-énervé. La critique (je fus, je suis critique) est à la littérature ce que les turbulences sont au voyage en avion : ça met de l’ambiance ! »
Les vedettes de l’écran se mettent à l’écriture
Qui a dit que les « people » étaient incapables d’écrire de bons romans ? Si j’en crois la critique littéraire de la semaine, deux stars semblent parfaitement manier la plume.
Bernard Giraudeau, d’abord. L’acteur (« La Boum », « Viens chez moi, j’habite chez une copine »), vient de sortir un roman, intitulé « Les dames de nage ». Le héros, Marc, raconte ses voyages aux quatre coins du monde, armé de sa caméra. Télérama a aimé. « Ce roman frappe par son énergie, le tranchant de son humanité, sa vibration intérieure ».
Plus surprenant : Patrick Sébastien. Il signe un polar, « La cellule de Zarkane ». Mais pas sous son nom. « Patrick Sébastien, persuadé que personne ne lirait un polar sous son nom a créé l’écrivain Joseph Lubsky. » écrit Le Soir. Il raconte l’« enfance manouche d’un fils de bâtard, qui va devenir le bras droit d’un parrain de la Maffia de la côte d’Azur. » Le journal a aimé.
Les films marchent parfois mieux que les livres dont ils sont tirés
Dans l’autre sens, il y a aussi les livres qui sont adaptés à l’écran. Livres Hebdo constate « très peu de corrélation entre les films les plus vus et les livres les plus achetés. » En 2006, les films tirés de livres qui ont le mieux marché sont notamment « Casino Royale », « OSS 117 », « Le diable s’habille en Prada » ou encore le très beau « Brokeback Mountain », tiré d’une nouvelle. Or, les livres dont ils sont tirés, n'ont pas aussi bien marché. Cette année, à l’écran, on pourra voir « 99 francs » (Beigbeder), le « Parfum d’Adam » (Jean-Christophe Ruffin), « Le sabotage amoureux » (Amélie Nothomb), « Lutetia » (Pierre Assouline) ou encore « Et après… » (Guillaume Musso).
Napoléon, un petit gars qui n’en veut
Un jeune auteur fera son apparition à la rentrée littéraire, nous apprend le Figaro littéraire. Il s’appelle Napoléon Bonaparte. Il a fait carrière dans un domaine bien différent que la littérature, mais, en 1795, il a quand même écrit « Clisson et Eugénie », que réédite Fayard à la rentrée littéraire… L’histoire ? « En 1795, un jeune général français d’origine corse passe quelques semaines dans une propriété des environs de Lyon. Déjà las d’avoir trop fait la guerre (il n’a que 26 ans), il s’éprend d’Eugénie, 15 ans. Leur union n’est qu’une succession ininterrompue de bonheur. » Il valait peut-être mieux qu’il gouverne, en effet…
Je vous souhaite une semaine impériale, et à dimanche prochain pour une nouvelle revue de presse littéraire !
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Commentaires
Alors, voyons voir cette revue de presse. Désolée pour le retard, hier soir, j'oeuvrais sur l'énigme sur le Biblioblog ;-)
Mazette ! Jérôme Garcin n'y va pas de main morte ! Quand il n'aime pas... il le dit. Bouh !! Faut dire.. je le comprends, j'aime pas non plus cet auteur. J'ai lu un de ses titres (la riviere piedra...) et cela m'a suffit. Même si je sais qu'un livre ne résume pas toute l'oeuvre d'un auteur. Là, je sais, c'est pas pour moi.
Pour le coup, J. Garcin a mis de l'ambiance comme le dit Weyergans. Cà donne à parler dans le petit monde de l'édition. J'aime beaucoup son analogie aux turbulences aériennes. Très bien vu ! ;-)
Tiens, son "Trois jours chez ma mère". A lire ou ne pas lire ?
J'aime beaucoup les titres de Bernard Giraudeau. Une plume qui me va bien. Son "Les hommes à terre" est superbe. Enfin, c'est mon avis. Et puis "Le marin à l'ancre" est bouleversant aussi. Bref, j'aime et j'ai hâte de lire son dernier né. Je note.
J'ai bien aimé le film "Brookback mountain" pour l'histoire et surtout ces magnifiques paysages. Le réalisateur devait avoir des accointances avec le syndicat des nuages-acteurs. Des ciels à tomber raide !!
Si l'occasion se présente je lirai bien la nouvelle d'origine.
Sinon, j'ai toujours une appréhension à aller voir un film dont j'ai lu le livre. Il me manque toujours quelque chose. Sauf dans le cas de "Je vais bien, ne t'en fais pas". Là, c'était parfait. Normal, l'auteur o. Adam a travaillé sur le scénario... alors forcement !!
Napoléon, écrivian. Pourquoi pas ! Mais pourquoi avoir attendu tant de temps pour publier le manuscrit ?
Merci à toi pour cette revue de presse. Et bonne semaine également, impériale ou tout simplement telle que tu la souhaites ;-)
@+
Tsss...dire qu'hier en revenant de voir Zodiac je me suis creusée la tête pour savoir dans quel film j'avais déjà vu l'acteur principal et la réponse m'attendait là= sur l'affiche de Brokeback Mountain !
A la liste des livres portées à l'écran cette année je rajouterais Le Scaphandre et le Papillon, c'est même l'histoire (réelle)de l'élaboration ô combien longue, douloureuse et essentielle à la sur-vie d'un livre. Difficile de sortir de la salle sans prendre la résolution séance tenante de lire l'ouvrage de JD. Bauby...
Bon est-ce l'effet Cannes, je ne parle que de cinéma aujourd'hui ;-)... je reviendrai, la tête débarrassée de pellicules ( beurk quelle image ;-)!)
[Coehlo bof bof je le laisse à ceux qui aiment mais "L'amour est", moi je ne trouve pas cette phrase de fin mauvaise du tout...Non, du tout du tout. Enfin merci j'aime au moins trois mots de Coehlo maintenant]
Le roman de Napoléon me paraît assez autobiographique: hé justement en 1795 il avait 26 ans et était général(corse de surcroît) et tiens il n'avait pas encore épousé miss Joséphine! On se prend à songer qu'une Eugénie aurait pu le détourner de tant guerroyer, rêver que ce joli nez mutin eût pu changer la face du monde...
oh enfin à Napoléon il manquait le footing comme exutoire ;-) !
:-)
"Je viens d'acheter le Giraudeau, après avoir lu la Revue de la presse que" tu as toi-même rédigée. "Commentaire prochainement, ici". :-D
(chuchotements) D'accord, je vais dire que je n'ai rien lu ! De toute façon, j'ai déjà plein d'autres choses sur le grill. Faudra juste que je résiste à venir lire ta chronique sur ce livre avant que j'ai terminé ma lecture !! Pas gagné d'avance. :-D
Non, non, publie là quand tu veux. Tu es chez toi, tout de même :-D C'est moi qui vais tester ma résistance à la tentation !! ;-)