En plein Salon du livre, la mauvaise humeur s’étale à l’envi dans un édito de Libé. « Le Salon du livre succède, chaque année, porte de Versailles à Paris, au Salon de l’agriculture. Si les fragrances se valent peu ou prou, la qualité des ruminants exposés s’en ressent. Peu d’éditeurs passeraient sans encombre l’épreuve du contrôle vétérinaire. Trop faisandés, dans doute. L’édition est à l’image de la société française. Grise. D’un gris banal, petit bourgeois. »
Barbery aux éclats
Voilà un édito qui me semble beaucoup plus gris que la production littéraire… Le preuve, s’il ne fallait en trouver qu’une, par le fabuleux « l’Elégance du hérisson », de Muriel Barbery (vous trouverez ici notre critique). « L’Elégance du hérisson manifeste une endurance à toute épreuve, écrit Livres Hebdo. Sept mois de présence continue dans le palmarès des meilleures ventes. Ce roman totalise 152.000 exemplaires imprimés alors que son tirage initial était de 4.000. » Et le pire, c’est que Muriel Barbery reste modeste. « Je ne cesse d’être stupéfaite. Je n’attendais rien de ce livre et je connais la difficulté pour un second roman à percer. J’étais persuadée que l’éditeur le refuserait, qu’il ne passerait pas le comité de lecture et que, s’il était publié, personne ne le lirait. »
« La littérature, c’est comme la Légion : on s’engage et on ferme sa gueule »
Il y a aussi des livres qui ne cartonnent pas. Si l’on en croit le Figaro Littéraire, c’est le cas de Microfictions, de Régis Jauffret. Pourtant, Télérama a adoré. Au point de lui décerner le prix France Culture/Télérama. Jauffret s’épanche donc, avec humour, dans Télérama. Il maudit pas exemple, les auteurs qui se lamentent sur l’angoisse de la page blanche. « La littérature c’est comme la Légion, dit-il. On s’engage, on monte à l’assaut et on ferme sa gueule. Ecrire, ce n’est pas obligatoire. Personne ne vous a rien demandé. » Une autre saillie : « L’édition, ce n’est pas le show biz. Si à 25 ans on n’est pas une star du rock, on ne le sera jamais. La littérature, c’est l’inverse : une activité de vieux. » N’empêche que le Figaro Littéraire n’aime pas trop Jauffret. « Il est la coqueluche de ceux qui jugent que les mauvais sentiments font forcément de la bonne littérature, et qui confondent verve et style. » Quand je vous disais que la presse était de mauvaise humeur !
Chéri, je te trompe, sinon je vais tomber malade !
A présent, les choses sérieuses, le Khâma Sâtra. Dans son supplément consacré à la littérature indienne, thème du Salon du livre, Le Monde des livres annonce la parution, au Seuil, d’une nouvelle édition de la célèbre encyclopédie érotique, rédigée au IIIème siècle de notre ère. Scoop : « Ce discours (sûtra) du plaisir (kâma) ne se réduit pas à un guide du sexe. La sphère du plaisir inclut la sexualité aussi bien que la poésie, le théâtre, les parfums, la danse ou la musique. » Dans l'ouvrage sulfureux, on trouve aussi l’interdiction de l’adultère. « Mais ensuite, de manière très indienne, il dresse la liste des exceptions à cette règle. » Exemple où l'adultère est permis ? « Si votre passion insatisfaite risque de vous faire tomber malade. » Essayez avec votre partenaire et dites-moi si ça marche…
A dimanche prochain pour une nouvelle revue de presse littéraire !
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Commentaires
Eh bien, on se lache chez Libé au sujet du Salon du livre. J'y suis allée et j'y ai fait de belles rencontres. S'ils n'aiment pas chez Libé, qu'ils n'en dégoutent pas les autres. A chacun son salon, donc.
Le monde de l'édition, connais pas... peux pas dire. Mais ils ne semblent pas très gais dans ce monde-là. Bonjour tristesse ! ;-)
Ahhh, l'argument de choc pour aller voir ailleurs et justifier l'adultère !! Excellent ! ;-)
Merci Bernard pour cette revue de presse. Ici au moins, on a le sourire en parlant des livres. ;-)
Cher Bernard, il y a du vrai dans ce que vous écrivez ; toutefois ne pensez-vous pas que les grands Editeurs monopolisent le marché, empêchant ainsi les Editeurs de taille moyenne à faire parler de leurs ouvrages et par conséquent, empêchent les lecteurs de découvrir de nouveaux auteurs, parfois immenses ? Les médias sont pour ainsi dire devenu le passage obligé pour tout qui veut faire une carrière littéraire. Or, ils ne montrent et ne parlent, le plus souvent, que d'ouvrages d'auteurs confirmés. Sans couverture médiatique un auteur a-t-il une chance de vendre ? On se précipite sur le "connu" ! Beaucoup de nos contemporains n'ont-ils pas perdu le sens de la découverte ? Ils ne lisent que ce qu'on leur montre... "T'es vu, t'es connu, t'es bien" ! Et le formatage, la codification de tout... comment s'en défaire ? J'ai néanmoins découvert un auteur, au salon du livre. Son ouvrage surprend et donne du sens au mots "lecture, plaisir, découverte". Il s'agit d'un roman, dont l'auteur nous vient de l'univers de la chanson : Mathias Ollivier - son titre : "Le Merblex". Facile à trouver si on se donne la peine de chercher... Vive les inclassables ! qui secouent et donne du sens... Bien à vous. Et merci pour cet espace de liberté.
Merci de ces échanges, après quelques recherches j'ai trouvé le blog de cet auteur, et j'ai commencé son "MERBLEX". FORMIDABLE! un vrai récit. dommage qu'on en parle pas plus. Je vous incite à le lire et à vous rendre sur son site pour y découvrir son auteur: merblex.midiblogs.com
oui, lisez le, et faites ici un petit commentaire, je serais curieuse de savoir ce que vous en pensez.