Frédéric BeigbederCommençons donc par celui qui pète la forme. C’est Frédéric Beigbeder, célèbre pour « 99 francs » et pour ses apparitions inspirées à la télé. « Beigbeder invente un nouveau concept, annonce le Figaro Littéraire. Le "roman de la rentrée de septembre qui paraît en juin". Objectif de cette opération coupe-file : être le best seller de l’été et figurer quand même sur les listes des grands prix littéraires de l’automne. » Et qui retrouvera-t-on dans ce nouvel opus ? Octave, le héros de « 99 francs ». Dans « Au secours pardon », suite de « 99 francs », Octave a quitté le monde de la pub, et se trouve aujourd’hui cadre dans une multinationale de cosmétique, nommée L’Idéal… Octave, que la gent féminine ne laisse toujours pas indifférent, part en Russie, dénicher le mannequin qui défendra les couleurs de l’Idéal. Le Fig’ Litt’ nous dévoile la première phrase du roman : « L’année de mes quarante ans, je suis devenu fou ». Lisez aussi les premières critiques et la brève sur le départ de Beig' du "Grand journal".

Le succès ? Quelle horreur.

Mais tout le monde ne partage pas la forme olympique de Beigbeder. A ma grande surprise, les romanciers francophones les plus populaires ont des soucis. C’est en tout cas ce qui ressort d’une intéressante initiative de L'Express, qui a réuni les romanciers les plus lus dans un établissement de bouche parisien, histoire de les féliciter (la vidéo de la soirée est ici). C’est qu’on en viendrait presque à les plaindre. Morceaux choisis.

Eric-Emmanuel SchmittEric Emmanuel Schmitt : « Je trouve important, dans un monde où on reproche parfois le succès aux gens, qu’on félicite le succès. Quand j’ai eu mon premier succès, j’étais un génie. Une fois qu’on enchaîne les succès, on n’est plus du tout un génie. On devient quelqu’un d’infiniment suspect, de bizarre, qui doit le faire exprès, avoir un truc. C’est terrible. »

Amélie NothombAmélie Nothomb : « Après tout, connaître un succès, c’est bien, mais nous sommes à une époque où tout le monde peut connaître un succès. Par contre, nous sommes à une époque où les succès sont des succès Kleenex. Les succès ne durent pas. Je suis un succès qui dure et chaque année de plus est une année de plus ».

Léotard en a marre de tout

François LéotardFrançois Léotard, ancien ministre de la Culture sous le gouvernement Chirac (1986-1988) sort un nouveau roman. Il s’intitule « Le silence » et paraît chez Grasset. Dans Le Monde des Livres, Léotard a des propos pour le moins péremptoires. « On vit dans un monde de plus en plus bruyant. Mauvaise musique, sale mode, publicité médiocre, conversations inutiles. S’en éloigner est une forme de dignité. » Ecrire lui permet de prendre cette distance. « Avec le roman, j’essaye de retrouver une liberté verbale que j’avais perdue. Il faut redonner un sens aux mots que l’on emploie. ». Ses mots n’ont manifestement pas convaincu le quotidien belge Le Soir, à qui le roman de Léotard inspire ceci : « Léotard en fait trop dans ses phrases, arrivant à un ton grandiloquent qui lasse et énerve. »

L’amour, c’est révolutionnaire !

CoeurPour terminer, une petite bafouille revigorante, pêchée dans Le Monde des livres. Elle est de Jean-Marc Parisis, auteur de « La Mélancolie des fast-foods», qui publie « Avant, pendant, après », chez Stock : « Aujourd’hui, rien n’est possible, que ce soit en politique, dans les rapports sociaux ou privés, tout est compliqué, tout le monde a peur, tout le monde dit non. L’amour dit oui, au moins dans un premier temps. Dans l’amour, l’homme abandonne le pouvoir pour l’entente. C’est révolutionnaire ! »

Faites bien la révolution, bonne semaine littéraire et à la semaine prochaine pour une nouvelle revue de presse !