Henry Troyat, auteur préféré des Français d’après les sondages, est décédé dimanche à l’âge de 95 ans. « Il était né conteur d’histoires vraies ou inventées. Il ne respirait que pour cela. Une journée sans écrire lui donnait un sentiment de péché », écrit Maurice Druon, dans le très bel hommage qu’il lui rend dans Le Figaro. « Henry était l’un des cadeaux que la Russie fit à la France. Il avait 9 ans, le petit Léon Tarassov que ses parents, grands négociants moscovites chassés par la révolution bolchévique, emmenèrent par le chemin habituel de l’émigration : Caucase, Crimée, Constantinople, Venise, Paris. »
Henry Troyat a écrit sans faiblir de 1935 à 2006. Il s’est notamment distingué pour avoir engendré « L’araigne », qui lui valut le Goncourt à l’âge de 27 ans. En 71 ans, il a publié plus de 100 ouvrages, répartis en romans, nouvelles, biographies, essais historiques et théâtre. Dans les romans, on lui doit « Le Vivier », « Grandeur nature », « Le mort saisit le vif », mais surtout « Tant que la guerre durera », « Les semailles et les moissons », « La lumière des justes », « Les Eygletières » et « Les héritiers de l’avenir ». Après 1940, il s’est attelé à raconter les vies de Dostoïevski, Pouchkine, Tolstoï, Gogol et Tchekov.
« Mais la critique boudait Troyat, rappelle Le Monde. Trop "grand public". Il souffrait de ces griefs : "J'ai beau être encouragé par ceux qui me louent, c'est à ceux qui m'accablent que je donne raison." »
Quittons Henry Troyat sur cette citation, modèle d’humilité, puisée dans le Figaro : « Le succès ne signifie rien. Je sais de quoi je parle : au matin de ma vie, j’ai vu mes parents tout perdre sur un revers de destin, j’ai retenu la leçon. Je suis un homme d’ombre et de travail. »
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