Il est écrivain. Et dentiste. Et apparemment, ce qu’il écrit a l’effet de l’ablation d’une dent cariée aux islamistes de son pays. Alaa Al Aswani, l’auteur de l’immeuble Yacoubian est déjà de retour. Il vient de publier Chicago, en Egypte. On connaissait le culot qu’il a eu dans l’immeuble Yacoubian d’évoquer sans anesthésie l’homosexualité ou l’adultère au Caire. Pour le dentiste, ce n'était qu'un amuse-bouche... Dans Chicago, il va nous parler, ni plus ni moins, des rapports entre juifs et Arabes aux Etats-Unis.

Alaa al Aswani Al Aswani sait de quoi il parle. C’est en Amérique qu’il a appris le maniement de la fraiseuse. « Des juifs, j’en ai côtoyé à l’école. Il nous sont proches me disait mon père », raconte-t-il à l’agence France Presse.

Al Aswani n’a peur de personne. Il décrit l’Amérique comme « raciste ». Mais ses personnages égyptiens ne sont pas plus angéliques que ceux de l’Immeuble Yacubian. « J'aime mes personnages, pas les stéréotypes, dit Al Aswani. Mes personnages m'échappent, et dans tous j'éprouve des contradictions, les êtres humains sont les mêmes des deux côtés », dit-il.

Avec une telle prose et pareils commentaires, Al Aswani s’est fait de nombreux et vindicatifs ennemis : les islamistes. Et 13.000 amis, aussi. Car tel est le chiffre de vente de son ouvrage. Quand on sait que, dans ce pays de 72 millions d’habitants, le best seller se décroche à 2.500 ouvrages, on mesure le raz-de-marée.

Lisez ici la critique de l'immeuble Yacoubian.