Dans le scriptorium Car pour fêter l'événement, le magazine Lire a fait le voyage à Brooklyn, dans les appartements de Paul Auster. Il raconte comment le livre est sorti (de lui). « Ce ne fut pas une décision. Ce n’en est jamais une, d’ailleurs : les livres s’imposent à moi ; ils s’écrivent tout seuls, comme s’ils jaillissaient de moi de façon naturelle. (…) Une image s’est formée tout à coup. Celle d’une vieil homme assis au bord de son lit, les mains à plat sur ses genoux, la tête basse contemplant le plancher. Cette étrange image est revenue tous les jours. Cela a duré des semaines et des semaines. J’ai essayé de comprendre d’où elle venait, ce qu’elle signifiait. Alors je l’ai écrite, en une phrase. Et cette phrase est devenue la première phrase du roman. » Dingue, non ? Même quand il parle de ses livres, il raconte une histoire…

Paul Auster Paul Auster s’épanche aussi la pulsion artistique : « Je crois que tout écrivain sacrifie sa vie privée à son œuvre. Chaque artiste sacrifie sa vie privée à quelque chose en lui qui le dépasse. Quelque chose de plus fort que lui et qui l’attire, qui l’aspire malgré lui. Même s’il veut résister, s’il est un artiste, il finira par céder. » La suite, c’est dans Lire (tout est sur le Net), et ça vole haut !

Il se passe aussi un truc rigolo, dans le microcosme littéraire. Un ouvrage, intitulé « Comment parler des livres que l’on a pas lu », paru aux Editions de Minuit, connaît un succès inattendu. « Les éditions de Minuit, tablant sur des ventes modestes ont vu trop petit, écrit le Figaro Littéraire. Les 3.000 exemplaires du premier tirage ont été épuisés en une semaine. »

Pierre Bayard L’auteur de l’essai, Pierre Bayard, prof de littérature à Paris VIII et psychanalyste (curieux cocktail) soutient qu’il « est tout à fait possible d’avoir un échange passionnant à propos d’un livre que l’on pas lu, y compris, et peut-être surtout, avec quelqu’un qui ne l’a pas lu non plus ». Je trouve cela amusant. Mais ce qui a encore allongé mon sourire, c’est que le Figaro Littéraire recommande entre les lignes… de ne pas le lire. « La bonne fortune du livre pourrait n’être qu’un feu de paille », écrit le Figaro Littéraire. Car l'essai est, paraît-il, trop pointu...

Et un scoop pour terminer. Le Fig Litt nous annonce que « les livres pratiques sur le pain se vendent comme des petits pains ». Les éditeurs se précipitent donc sur le créneau : plus de 1.700 titres sur le sujet et 170.000 exemplaires vendus. Je comprends les éditeurs. Avec un engouement pareil, pas de risque de faire un four.

Amis du livre, à la semaine prochaine !