Peu après ce qu’elle qualifie de fait divers, des gens l’arrêtaient dans la rue pour lui dire : « Vous avez bien fait » ! Du coup, Madeleine Chapsal s’interroge, dans Le Figaro Littéraire : « Une grande partie des lecteurs réclamerait-elle la suppression des prix littéraires ? En auraient-ils ras-le-bol de cette institution surannée laquelle, tous les automnes, autorise des maîtres et des maîtresses d’école à attribuer des récompenses à des écrivains qui leur sont souvent supérieurs ? »

Chapsal

Du coup, l’écrivain propose ceci : « Pourquoi ne pas supprimer tout bonnement les prix littéraires ? Et tous : il y en a en France plus de dix par jour ! Nous écrivains, nous sentirions plus adultes – il serait temps ! – et pourrions nous consacrer à nous rapprocher de nos vrais juges, de nos vrais amis : le public ! Il repartirait, lui aussi, en adulte, à la chasse de ce seul trésor qu’est le talent ! »

Et Madeleine Chapsal conclut : « Non, l’écriture n’a pas besoin de labels, ni de formatage, ni de signalétique pour folâtrer librement face à un lectorat enfin laissé à la joyeuse autonomie de son choix : A bas les prix, vive la lecture ! » Vous trouverez l'intégralité de son texte ici.

Dans Le Monde des Livres, c’est toujours la polémique sur les agents littéraires, qui fait rage. Rappelons le contexte : traditionnellement, il appartient à l’écrivain de frapper à la porte des éditeurs pour espérer voir son ouvrage publié. Mais sous l’influence des Etats-Unis puis du Royaume-Uni, des agents littéraires ont vu le jour. Ils sont rémunérés par les auteurs pour trouver des éditeurs. Et si l’auteur est déjà célèbre, l'agent littéraire met le livre aux enchères auprès des éditeurs. Celui qui paye le plus peut éditer. C'est aussi simple (et matériel) que cela.

Et voici que cette pratique débarque en France : le prix Goncourt 2006, Les Bienveillantes, de Jonathan Littell, a été proposé à Gallimard par un agent littéraire.

Mais où est le problème ? Pour André Schiffrin, auteur de plusieurs livres sur le monde de l'édition, qui s'exprimait dans dernier Monde des Livres, le problème est ici : la conséquence de l’importance croissante des agents littéraires aux Etats-Unis « a été extrêmement préjudiciable à la fois aux éditeurs et aux auteurs. La polarisation qui existait déjà entre les best sellers et les autres titres s’est considérablement accrue. Toutes les grosses maisons se sont mises à dépendre de quelques livres qu’elles étaient susceptibles, sinon forcées, de surpayer. Ce qui signifie que leurs budgets se sont considérablement réduits ou du moins qu’il leur reste très peu d’argent pour les bons livres qui ne deviendront pas forcément des best sellers… »

Si ceci arrive chez nous, fini les livres surprises, que personne n’attendait et qui deviennent les chouchous du public. Et finis les livres qui ne marchent pas mais qui font le bonheur de quelques uns.

Jean Teulé A présent, un peu de bonne humeur. Jean Teulé, un auteur que j’apprécie pour sa créativité sort un livre intitulé « Le magasin de suicides ». C’est l’histoire d’une boutique qui vend tout le matériel nécessaire à ceux qui souhaitent passer dans l’autre monde. Le thème est grave, mais le livre est, apparemment, rigolo. « A force d’entendre les gens se désepérer, je me suis dit que ce serait marrant d’inventer une petite boutique où on vendrait tout ce qu’il faut pour se tuer », dit Jean Teulé au journal belge La Libre. Un magasin des suicides, à quoi cela pourrait ressembler ? Qui tiendrait cela ? Et c’est parti…

L’auteur n’est apparemment pas au bord du suicide : « Je pense que c’est une philosophie de la vie de se dire que rien n’est grave. Il y a un début, il y aura une fin, ce n’est pas plus tragique que cela. La vie est là, autant qu’elle soit heureuse, le contraire est inutile, ne mène à rien, donc autant prendre cela avec un éclat de rire. »

Le même auteur déclarait au Soir, un autre journal belge : « C’est la première fois que je ris tout le temps en écrivant un roman. Il s’est écrit très vite, trois mois, et j’ai l’impression d’avoir ri pendant trios mois. »

Et pour terminer, une petite brève, parue dans le Figaro Littéraire, qui nous annonce ceci : « Vous passez des heures devant votre ordinateur et vous ne trouvez plus le temps de lire ? Le site Dailylit propose de vous adresser par e-mail les grandes œuvres littéraires découpées en épisodes suffisamment courts pour être lus en 5 minutes. A raison d’un mail quotidien, vous aurez achevé la lecture de « Moby Dick » en 252 jours, Les Essais de Montaigne dans 15 mois… Pour l'instant, ce service n’existe qu’en anglais !

C'était notre première revue de presse. A la semaine prochaine !